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Il fallait bien que ça finisse par arriver ! Que diriez-vous, vous, si un tas de petits bonshommes venaient constamment fouiner dans vos entrailles sans vous demander votre permission ? Il semblerait que le Monde des Douze ait fini par en avoir marre et par se venger en libérant quelque chose... ou quelqu’un...

« Belgodass ! Belgodass répondez bon sang ! »

Bernalette semblait inquiète. Qu’était-il donc arrivé à son pauvre escla... mineur ? Voyant ses camarades pétrifiés et apeurés, elle prit son courage à deux mains et se décida finalement à s’engouffrer dans la fournaise qui s’ouvrait sous ses pieds...

« Chef, ne faites pas ça ! C’est trop dangereux ! Il règne un silence de mort là-dessous !

- Gardez votre couardise pour vous Kibri, je n’abandonnerai jamais l’un de mes hommes. Jamais ! Vous m’entendez ?!
 

Avec la souplesse et la grâce d’une Bworkette et sous les yeux émerveillés de Kibri, Bernalette glissa le long d’une corde qui la mena droit dans les profondeurs sulfureuses du Monde des Douze...

« Bon dieu Enutrof, c’qu’il fait chaud ici ! Je sue comme une pioute dans un monastère ! »

Bernalette atterrit violemment au sol dans un nuage de poussière.

« Kof kof ! »

Face à elle, transi et comme possédé, Belgodass se tenait droit comme un i, un livre ouvert dans les mains, le regard aussi vif qu’un Iop devant une équation mathématique.

« Belgodass, qu’est-ce que vous fichez bon sang ? On vous appelle depuis des plombes ! »

Les lèvres tremblotantes, les yeux humides et la mine anéantie, Belgodass murmura ces quelques mots, étouffés dans ses sanglots :

« À quoi ça sert de sauver la vie quand on voit ce qu’ils en font.

- Mais enfin, qu’est-ce que vous bavez Belgodass ? Arrêtez un peu votre cinéma !
 
- Un mal ancestral...
 
- Vous allez finir par me foutre les jetons, arrêtez je vous dis !
 
- Les péchés des dieux !
 
- Ma parole, mais c’est qu’il se met à blasphémer ! 
 
- Vous l’avez ouvert...
 
- Mais fermez-la !
 
- Vous l’avez OUVERT !
 
- Écoutez-moi bien mon ami, vous allez me faire le plaisir de fermer ce vieux bouquin poussiéreux et de vous remettre au travail ! Belgodass ! Je vous ordonne de cesser vos pitreries et de m’obéir !
 
- Vous l’avez OUVEEERT ! »
 

- La colère de Bernalette laissait peu à peu place à l’effroi. Son acolyte semblait possédé et en proie à des visions peu amènes.

Soudain, comme si quelque chose l’avait sorti de sa torpeur, Belgodass referma brusquement le livre. Derrière le rideau de poussière qui les enveloppait Bernalette et lui, se dessinèrent peu à peu d’étranges silhouettes.

Il n’y avait pourtant aucun doute : tous les mineurs étaient restés à la surface...